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Liaison Lyon-Turin : un nÅ ?ud ferroviaire !
Le 31 mai 2006
Depuis quelques mois, une mobilisation importante s’est constituée du côté italien en opposition à la liaison ferroviaire Lyon-Turin. D’importantes manifestations se sont déroulées dans le Val de Suse, qui ont été réprimées par une violence policière inacceptable. Les informations contradictoires allant « bon train », ce texte fait le point de la situation au 5 Janvier 2006, à partir de notes prises au cours du débat entre militants Verts à Grenoble le 16 Décembre 2005, et lors du CPR du 04.01.06 en présence de Gérard Leras. Les Verts ont toujours dénoncé l’absence d’une politique des transports cohérente au niveau européen. Dans les territoires de montagne en particulier, le trafic routier des marchandises entre la France et l’Italie n’a cessé d’augmenter, avec son cortège de nuisances dans les vallées alpines. De nombreuses associations en France sont mobilisées depuis longtemps contre le tout- camion. Les Verts de l’Arc Alpin ont une position commune depuis de longues années : • La fuite en avant productiviste dans le domaine des transports doit s’arrêter, de manière à diminuer la quantité de marchandises transportées. Les transports inutiles doivent disparaître. • Le transport ferroviaire de marchandises est préférable au transport routier. Pour cela, le report modal des marchandises doit avoir lieu, et cela passe impérativement par la mise en place d’un encadrement tarifaire. De cette façon, les transporteurs n’auront d’autres choix que de mettre les marchandises sur le rail . Mais les infrastructures adaptées doivent aussi exister pour faire face à ces évolutions. • Tout projet de cette ampleur ne peut pas se faire contre l’avis des populations locales, ni avec l’utilisation de la répression. Il nécessite au contraire l’adhésion de la population, des associations locales, et donc des débats, des échanges selon notre volonté de « co-élaboration » Les Verts du Piémont et du Val de Suse et les Verts de la région Rhône-Alpes ont actuellement des lectures différentes du projet : • A l’origine, le projet français était celui d’un TGV Lyon-Turin. L’analyse de l’évolution des flux de marchandises a amené les Verts rhône-alpins à envisager une saturation des infrastructures actuelles, même optimisées, et à se prononcer pour une nouvelle ligne ferroviaire transalpine pour le fret. Grâce à leur action, la région Rhône-Alpes a pris position en faveur du fret lors d’une délibération en décembre 2005. Le gouvernement français doit donner un avis fin janvier 2006. • Du côté italien, le projet est présenté comme un projet TGV Lyon- Milan voyageurs. Sur le versant italien où doit déboucher le tunnel, la population est en état de soulèvement depuis un mois (manifestation de 80 000 personnes le 16 novembre 2005) pour s’opposer à ce projet dont l’impact environnemental est inquiétant pour les populations locales : accentuation de la dégradation des paysages, risques liés au creusement de la montagne avec présence d’amiante et d’uranium, forte concentration de population dans cette vallée. On peut comprendre la méfiance des Italiens, quand on voit la manière dont le projet leur a été présenté : imposé par l’Etat « berlusconien », sans débat, en mettant en avant la rentabilité financière. Cette méfiance s’est vite transformée en une opposition soutenue par les Verts italiens. Suite aux événements, le gouvernement italien a mis en place un moratoire de six mois. Durant cette période des études sur l’impact environnemental et des analyses fines des flux de marchandises et de voyageurs devraient être effectuées, afin qu’il n’y ait plus de zone d’ombre. Cette période permettra aussi l’organisation de débats publics des deux côtés de la frontière. Plus largement, il faut se saisir de l’occasion pour que se tienne enfin un vrai débat sur la politique des transports à l’échelle nationale et européenne. Une rencontre a déjà eu lieu ce jeudi 5 janvier 2006 à Modane, entre Verts Français, Italiens et Suisses. Les Verts doivent tout faire pour que ce moratoire ne soit pas une façon de botter en touche, et rappeler leurs exigences : • l’inutilité de nouvelles infrastructures s’il n’y a pas de mesures réglementaires et fiscales pénalisant le transport par camion. • pour un projet de fret ferroviaire et pas un projet de TGV. • la transparence sur l’impact environnemental et la garantie de l’absence de nuisances sur la santé pour les populations locales durant la période des travaux. • l’adhésion des populations locales et des associations au projet les concernant. Danielle Persico Pour aller plus loin, Gérard Leras et Benoît Leclair viennent d’écrire un article de 13 pages (« contribution sur le Lyon-Turin : les tenants et les aboutissants d’un projet complexe ») disponible sur http://listes.lesverts.fr/wws/d_read/rhone-alpes.crinfos/bulletin21/Dossier_Lyon_Turin.pdf RAPPEL HISTORIQUE En 1965, ouverture du tunnel du Mont-Blanc, en 1980 du tunnel du Fréjus entre la Maurienne et le Val de Suse La catastrophe du tunnel du Mont Blanc du 24 mars 1999 a engendré une forte augmentation du trafic routier des camions au Fréjus. En Janvier 2001, le projet ferroviaire Lyon- Turin est engagé par les gouvernements français et italien, sans aucune décision en France ou en Italie, ni au niveau de l’Union Européenne pour initier une nouvelle politique des transports privilégiant le rail plutôt que la route. En 2001, le Manifeste Montagne signé par 126 organisations, est lancé après l’accident du Saint-Gothard La convention alpine que les pays alpins ont signée leur impose de réduire les nuisances et les risques dans le secteur du transport alpin Mais la France n’a pas engagé la moindre politique en matière de réduction des transports à la source et le trafic routier alpin pour les marchandises s’accroît : il a quintuplé depuis 1970 (actuellement 10 millions de tonnes par an entre Modane et Turin, 20 millions prévues en 2008 ) |
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